dimanche 8 novembre 2009

Je me saoule la gueule jusqu'à faire la truite

Ce soir je vais me défouler, me saouler la gueule jusqu’à ne plus me reconnaître et danser avec démesure pour suer par tous mes pores mon abattement.

Des complices remplient de bon vouloir me rejoignent chez moi. À coup de shooters et de bières blanches et de shooters et encore, nous nous préparons pour une sale cuite. Deux heures plus tard j’appelle un taxi. J’ai déjà les joues rosées par l’alcool. J’ai quelques syllabes qui disparaissent déclarant forfait probablement trop honteuses de se retrouver dans ma bouche déjà trop pâteuse.

La croyance de mes copains de beuveries oblige, je me commande un Gin Tonic qui devrait me permettre de dessaouler afin que je puisse rester debout sur mes deux jambes jusqu’à 3ham. Je ne sais pas si c’est les shooters de Tequila que je me suis enfilée entre 3 ou 4 gorgées de mon cocktail qui ont faussé les données, mais je peux affirmer que dans mon cas; le Gin Tonic ne dessaoule pas. Je le sais, j’en ai bu 4 pour être certaine. Je change pour la bière…

À coups de hanche bien plus maladroits qu’astucieux, je me laisse aller dans mes mouvements burlesques. Ma coordination me fait faux bond et la tête me tourne mais je m’en balance; ce soir je me ‘‘garroche’’. J’ai passé 3 heures sur la piste de danse à me faire aller comme une truite prise de panique dans le fond d’une chaloupe. Malgré tout l’alcool, je ressens encore le besoin d’abuser me souvenant encore trop bien de qui je suis et de pourquoi je suis là à vouloir me détruire.

J’agrippe alors une chemise qui traîne sur le corps d’un homme qui se trouve à porté de main. Je me fou tellement de qui il est, je l’ai choisi par proximité bien plus que par intérêt. On danse ensemble, il me parle dans l’oreille et je ne comprends foutrement rien. Bien que plutôt joli, il est franchement lassant. Je décide alors de lui faire fermer la gueule une fois pour toute en enfonçant ma langue dans sa bouche. Il ne s’en plaint pas mais étonnamment moi je ne ressens rien. Rien… je suis totalement indifférente, même pas un petit ‘‘high’’ pour l’audace.

De retour à ma solitude, je suis ivre morte, il est 4h du matin. La feu qui me brûle en dedans, bien plus pour me consumer que pour m’éclairer, est cette nuit intolérable. Je m’arracherais la peau en lambeaux tellement je ne me supporte plus. Les beuveries puériles n’ont plus d’effet sur moi, sauf peut-être m’enduire d’un peu plus de dégoût.

J’ai bu pour noyer mes angoisses mais ce soir, j'ai l'impression de me noyer avec elles.

13 commentaires:

Rouge a dit…
Ce message a été supprimé par l'auteur.
Rouge a dit…

Je comprends.

RAINETTE a dit…

Je constate que boire ainsi ne diminue en rien tes angoisses pauvre petite ! Faut savoir que ça augmente le sentiment de néant !

Keskia qui va pas ? C'est si difficile d'avoir 25 ans ? Oui en effet, je me souviens. Raconte à tante grenouille.

xx

RAINETTE a dit…

la truite :

http://www.youtube.com/watch?v=yaSJdO64GKU&feature=related

Luc Pierre (dit le salaud) a dit…

Oui, c'est dur, vingt-cinq ans. Et volage, si t'as envie de te saouler la gueule pour oublier mais avec au moins le luxe d'avoir un interlocuteur intelligent, tu sais où me trouver.

volage a dit…

Rouge: Alors si quelqu'un peut me comprendre c'est que je devrais me sortir de cela un jour...

Rainette: Oui 25ans c'est ruff entk dans mon cas.

Luc Pierre: Je ne me considère pas comme étant de très bonne compagnie ces temps-ci...

Rouge a dit…

Absolument !

Luc Pierre (dit le salaud) a dit…

@volage
Mauvaise réponse.

Le problème avec les gens qui volent à la rescousse de tout le monde, c'est qu'ils n'exigent jamais rien des autres. C'est comme ça qu'ils se détruisent.

Tu devrais appeler n'importe qui et lui dire: "Écoute. Ça va pas. Pis je suis de mauvaise compagnie et d'hostie mauvaise humeur. Alors tu vas prendre un verre avec moi, ok?"

Cesse donc de courir à ta perte. T'as les mêmes droit que les autres. Faut simplement décider de s'en prévaloir.

Rouge a dit…

@Luc Pierre : entièrement d'accord !

Tattoo a dit…

Chouette récit de cuite sévère. Ça m'interpelle, ô combien!

Ça et là, y'a quelques perles qui émergent de la bouette. Des petits bijoux, vraiment.

"J’ai passé 3 heures sur la piste de danse à me faire aller comme une truite prise de panique dans le fond d’une chaloupe. Malgré tout l’alcool, je ressens encore le besoin d’abuser me souvenant encore trop bien de qui je suis et de pourquoi je suis là à vouloir me détruire."

Geez. J'ai le coeur qui grogne. Je suis sans mots.

"Je m’arracherais la peau en lambeaux tellement je ne me supporte plus. Les beuveries puériles n’ont plus d’effet sur moi, sauf peut-être m’enduire d’un peu plus de dégoût."

Ayoye. Je connais trop bien cette sensation.

Je sens ici une sensibilité voisine de la mienne, aussi t'inviterai-je à traverser la rue et à franchir le seuil de ma porte.

Enfin, moi, je reviendrai me soûler... de tes mots.

Le vieux singe a dit…

xxx

Cloutov a dit…

"le Gin Tonic ne dessaoule pas. Je le sais, j’en ai bu 4 pour être certaine" :) c'est ce genre de phrase punchée qui te rende irrésistible à lire!

volage a dit…

tattoo : Merci sincèrement pour ton commentaire si bien étoffé. J'irai certes te visiter.

Le vieux singe: Ce que t'es chouette!

Cloutov: C'est ce genre de commentaire là qui me donne envie d'écrire ;)