lundi 16 novembre 2009

Voilà pourquoi je me sens si sale!

Un soir, un coup de téléphone et quelques mots froids et détachés. Un soir, moi qui se meurt et toi qui me raccroche la ligne au nez après m’avoir sèchement dit que tu avais quelqu’un d’autre dans ta vie depuis quelques semaines et que le tout c’était officialisé aujourd’hui.


Ce même aujourd’hui où l’on s’est réveillé côte à côte, où tu m’as embrassé puis regardé longuement avant de me déclarer toute ta satisfaction et ce; avec autant de mots que de câlins. Ce même aujourd’hui où en sortant de la douche, tu as relevé mon chandail pour m’embrasser tendrement dans le creux du dos, un frisson longeant ma colonne. Ce même jour où après une nuit sans trop de sommeille, dans un café, tu as posé ta main sur mon épaule en me regardant longuement avant d’aller chercher du lait à ajouter dans ma tasse. Ce même jour où avec ton bras autour de ma taille, nous avons marché en riant vers l’arrêt de bus. Ce même aujourd’hui ou en passant la porte de chez moi, j’ai reçu un message texte m’exprimant tout ton contentement. Ce moment durant lequel, tu ne m'as jamais autant dit que tu me trouvais belle.


Dieu que je me sentais choyée. Ça faisait si longtemps que tu n’avais pas été comme cela avec moi. Autant de regards, autant d’attentions, autant de sourires, autant de mots bien choisis… C’est cela qui me tue. À tout cela j’y ai cru encore mais pour toi ce n’était semble-t-il qu’un doux adieu, un bon souvenir à me laisser. Moi, de tout cela, je n’en savais foutrement rien. Je t’ai toujours dit que je ne t’en voulais pas mais pour cela; putain que je t’en veux. Je t’en veux pour toute la douceur avec laquelle tu m’as bercé juste avant d’aller retrouver, quelques heures plus tard, celle pour qui tu m’as ‘‘jeté’’. Je t’en veux de ne pas m’avoir dit que tu jouais sur deux tableaux parce que même si pour toi on ne se devait plus rien (?), moi je t’offrais encore le plus grand des respects, toute mon honnêteté et mon entière fragilité. Je t’en veux de me laisser comme souvenir que tes derniers regards tendres renfermaient un peu de pitié sachant que tu allais bientôt m’effacer.


Je t’en veux de m’avoir dévoilé ton jeu si froidement. J’aurais donné n’importe quoi pour entendre dans ta voix que tu éprouvais quelque chose face à tout cela qui m’était relié. Je ne souhaitais pas que tu t’excuses ou que tu comprennes comment je me sentais, je voulais simplement que tu me dises que malgré tout, l’état dans lequel j’étais ne te faisais pas éprouver que de l’indifférence. Je t’en veux de ne pas avoir pris la peine d’apaiser un peu ma souffrance en me disant quelque chose. Un petit truc réconfortant pour me dire que je n’ai pas été utilisé, que tout cela c’était vrai, qu’il fût un temps je comptais pour toi… quelque chose pour m’aider à guérir de tout cela. Mais rien, il n’y a eu rien, et ça je n’arrive pas à m’en remettre.


Ce coup de téléphone là restera notre dernier échange. Désormais, je sais que je dois abdiquer et accepter tout cela. Plus jamais on ne va se parler, sur mon afficheur je n'aurai plus jamais ton numéro. Jamais tu ne sauras à quel point je me suis enfoncée et jamais je ne t’entendrai me dire que tout cela t’attriste un peu et sans entendre cela, je ne sais sincèrement pas encore comment j’arriverai à me sortir de l’abîme dans lequel je me retrouve. J’en aurais tellement besoin, mais tellement… ne serais-ce que pour me remettre un peu toutes ces fois ou je t'ai offert mes bras réconfortants quand je sentais que tu glissais parce que cette fois-ci je considère que c'était à mon tour d'avoir droit à cela. C'était à mon tour d'avoir le droit d'avoir de la peine. Mais rien.


Pendant que tu me baisais en sachant que c’était la dernière fois, je croyais naïvement que tu me faisais l’amour. Maintenant, ce n’est pas sans toi que je n’arrive pas à vivre, c’est avec moi. Voilà pourquoi je me sens si sale, voilà ce que tu as réussi à faire de moi!

dimanche 8 novembre 2009

Je me saoule la gueule jusqu'à faire la truite

Ce soir je vais me défouler, me saouler la gueule jusqu’à ne plus me reconnaître et danser avec démesure pour suer par tous mes pores mon abattement.

Des complices remplient de bon vouloir me rejoignent chez moi. À coup de shooters et de bières blanches et de shooters et encore, nous nous préparons pour une sale cuite. Deux heures plus tard j’appelle un taxi. J’ai déjà les joues rosées par l’alcool. J’ai quelques syllabes qui disparaissent déclarant forfait probablement trop honteuses de se retrouver dans ma bouche déjà trop pâteuse.

La croyance de mes copains de beuveries oblige, je me commande un Gin Tonic qui devrait me permettre de dessaouler afin que je puisse rester debout sur mes deux jambes jusqu’à 3ham. Je ne sais pas si c’est les shooters de Tequila que je me suis enfilée entre 3 ou 4 gorgées de mon cocktail qui ont faussé les données, mais je peux affirmer que dans mon cas; le Gin Tonic ne dessaoule pas. Je le sais, j’en ai bu 4 pour être certaine. Je change pour la bière…

À coups de hanche bien plus maladroits qu’astucieux, je me laisse aller dans mes mouvements burlesques. Ma coordination me fait faux bond et la tête me tourne mais je m’en balance; ce soir je me ‘‘garroche’’. J’ai passé 3 heures sur la piste de danse à me faire aller comme une truite prise de panique dans le fond d’une chaloupe. Malgré tout l’alcool, je ressens encore le besoin d’abuser me souvenant encore trop bien de qui je suis et de pourquoi je suis là à vouloir me détruire.

J’agrippe alors une chemise qui traîne sur le corps d’un homme qui se trouve à porté de main. Je me fou tellement de qui il est, je l’ai choisi par proximité bien plus que par intérêt. On danse ensemble, il me parle dans l’oreille et je ne comprends foutrement rien. Bien que plutôt joli, il est franchement lassant. Je décide alors de lui faire fermer la gueule une fois pour toute en enfonçant ma langue dans sa bouche. Il ne s’en plaint pas mais étonnamment moi je ne ressens rien. Rien… je suis totalement indifférente, même pas un petit ‘‘high’’ pour l’audace.

De retour à ma solitude, je suis ivre morte, il est 4h du matin. La feu qui me brûle en dedans, bien plus pour me consumer que pour m’éclairer, est cette nuit intolérable. Je m’arracherais la peau en lambeaux tellement je ne me supporte plus. Les beuveries puériles n’ont plus d’effet sur moi, sauf peut-être m’enduire d’un peu plus de dégoût.

J’ai bu pour noyer mes angoisses mais ce soir, j'ai l'impression de me noyer avec elles.

jeudi 5 novembre 2009

En pleine gueule

J’ai la compassion qui s’étouffe dans les petits et les plus grands drames de tous et chacun. Je souri à travers les lèvres des autres et je m’esclaffe du bonheur de ceux par qui j’ai l’honneur d’être côtoyée. À coup d’élan de compréhension j’écoute et console en me disant que si je peux gober un peu de la peine d’autrui, il leur en restera moins à gérer. Alors j’ai le cœur qui fond un peu à chaque souffle de douleur expiré par les gens pour qui je voue de la déférence.

Je vois grandir des petits bouts d’enfants qui deviendront adultes et je leur donne un peu de ma naïveté et de mon insouciance. Je regarde les gens vieillir autour de moi et je me rassure et m’assure de les voir heureux parce qu’après tout, c’est un peu ça la vie, vieillir.

Je trouve toujours un brin de d’éclat à travers les handicapes de chacun et je m’acharne à leur faire miroiter que ce petit bout de beau là il n’y a personne qui va leur enlever. J’ai l’âme qui pousse à travers le désordre de ceux pour qui la vie n’est pas toujours aimante.

À travers ces maux qui habitent mon entourage je trouve la force nécessaire pour me tenir assez droite afin qu’on puisse s’accrocher à moi. J’ai toujours quelque part au fond de moi assez de grandeur et de carrure pour supporter sur mes épaules les Chimères des autres.

Pour la première fois de ma vie, c’est ma Chimère à moi que j’ai en pleine gueule et elle je n’ai jamais appris à la dompter, pas plus qu’à l’apprivoiser. Il est peut-être bien temps que je m’occupe de ma propre Chimère que j’ai passé ma vie à nourrir et gaver du malheur des autres. Ce combat là, personne ne va le livrer pour moi.

mardi 3 novembre 2009

Je suis souillée, abusée.

Il faut que je crie, que je rage et que je vomisse. Il faut que je frappe, que je fracasse et que je détruise le peu qui reste de ce que je suis. Je n’ai pas mal, je souffre. Chaque partie de mon corps se crispe sous le poids de la douleur que m’afflige la peine que je ressens, l’humiliation, la colère, le dégoût... Je me dégoûte, je me sens sale, complètement souillée et abusée.

Respirer me fait mal à la poitrine, chaque expiration est un combat à finir et les inspirations sont bien pire, il n’y a plus de place dans mon être qui se meure. Les larmes sur mon visage creusent des sillons tellement elles sont infectées, empoisonnées, intoxiquées…

On m’a volé ce que j’avais de meilleur pour me bourrer le corps de saletés, de merdes. Je n’ai même plus assez de force pour retrouver quelque part au fond de moi un peu de beau. Je suis détruite jusque dans les entrailles. J’ai donné tout ce que j’avais sans ne jamais compter, sans me protéger et ce même en me sachant aussi fragile que faire se peut. Je me retrouve anéantie. On m’a jeté agonisante sans ne jamais se retourner et maintenant je suis seule avec ma peine et totalement éteinte.

Il n’y a pas de cœur assez grand pour contenir toute ma peine, je suis morte en dedans.

jeudi 29 octobre 2009

Je me gave de ton corps

Je me fou complètement de ce que je viens de commander qui se retrouvera dans mon assiette sous peu. En fait, je ne m’en souviens même plus et franchement, ça m’importe peu. Le vin est bon, presque aussi bon que ton sourire qui me donne envie de boire directement à la coupe de tes lèvres. Entre deux bouchées de pain rêches, j’imagine ta langue rugueuse qui convulse sous le tressaillement du contact de tes papilles sur ma peau.

Pendant que tu racontes là fois où… je ne fais que t’imaginer me murmurer à l’oreille, le souffle agité, combien tu as envie que je me gave de ton corps. Je compose alors dans ma tête, pendant que je ne t’écoute plus, la réponse aguicheuse que je te servirais en glissant doucement ma main sur ta cuisse, en me penchant juste assez pour que tu puisses avoir à ton nez l’effluve de mon parfum. Je te vois alors te mordiller la lèvre inférieure suite à mes mots, je sais que tu les aimes, je te connais bien assez pour te faire prendre ton pied.

En buvant mon café à petites lampées, je te regarde te régaler de ton Tiramisu. Personnellement je n’ai pas envie de gâteau, c’est toi que j’ai envie de bouffer à la petite cuillère. Je voudrais que tu engouffres ton dessert en un instant pour qu’enfin je puisse te dénuder furtivement.
Je convoite ton corps, chacun de ses fragments. Je veux me délecter de ton être, t’épuiser jusqu’à ce que tu m’implores de freiner mes ardeurs. Je veux assécher ma soif, l’anéantir entièrement, quitte à y passer la nuit.

Ce que j’ai commandé je m’en suis évidemment souvenue lorsque c’est arrivé sur la table. De prime à bord je m’en foutais mais au final je déplore mon choix. Avoir su que tu ne me baiserais pas, j’aurais commandé de façon plus judicieuse. Ça m’aurait au moins fait quelque chose de potable en bouche… vivement le vin rouge!