jeudi 5 novembre 2009

En pleine gueule

J’ai la compassion qui s’étouffe dans les petits et les plus grands drames de tous et chacun. Je souri à travers les lèvres des autres et je m’esclaffe du bonheur de ceux par qui j’ai l’honneur d’être côtoyée. À coup d’élan de compréhension j’écoute et console en me disant que si je peux gober un peu de la peine d’autrui, il leur en restera moins à gérer. Alors j’ai le cœur qui fond un peu à chaque souffle de douleur expiré par les gens pour qui je voue de la déférence.

Je vois grandir des petits bouts d’enfants qui deviendront adultes et je leur donne un peu de ma naïveté et de mon insouciance. Je regarde les gens vieillir autour de moi et je me rassure et m’assure de les voir heureux parce qu’après tout, c’est un peu ça la vie, vieillir.

Je trouve toujours un brin de d’éclat à travers les handicapes de chacun et je m’acharne à leur faire miroiter que ce petit bout de beau là il n’y a personne qui va leur enlever. J’ai l’âme qui pousse à travers le désordre de ceux pour qui la vie n’est pas toujours aimante.

À travers ces maux qui habitent mon entourage je trouve la force nécessaire pour me tenir assez droite afin qu’on puisse s’accrocher à moi. J’ai toujours quelque part au fond de moi assez de grandeur et de carrure pour supporter sur mes épaules les Chimères des autres.

Pour la première fois de ma vie, c’est ma Chimère à moi que j’ai en pleine gueule et elle je n’ai jamais appris à la dompter, pas plus qu’à l’apprivoiser. Il est peut-être bien temps que je m’occupe de ma propre Chimère que j’ai passé ma vie à nourrir et gaver du malheur des autres. Ce combat là, personne ne va le livrer pour moi.

mardi 3 novembre 2009

Je suis souillée, abusée.

Il faut que je crie, que je rage et que je vomisse. Il faut que je frappe, que je fracasse et que je détruise le peu qui reste de ce que je suis. Je n’ai pas mal, je souffre. Chaque partie de mon corps se crispe sous le poids de la douleur que m’afflige la peine que je ressens, l’humiliation, la colère, le dégoût... Je me dégoûte, je me sens sale, complètement souillée et abusée.

Respirer me fait mal à la poitrine, chaque expiration est un combat à finir et les inspirations sont bien pire, il n’y a plus de place dans mon être qui se meure. Les larmes sur mon visage creusent des sillons tellement elles sont infectées, empoisonnées, intoxiquées…

On m’a volé ce que j’avais de meilleur pour me bourrer le corps de saletés, de merdes. Je n’ai même plus assez de force pour retrouver quelque part au fond de moi un peu de beau. Je suis détruite jusque dans les entrailles. J’ai donné tout ce que j’avais sans ne jamais compter, sans me protéger et ce même en me sachant aussi fragile que faire se peut. Je me retrouve anéantie. On m’a jeté agonisante sans ne jamais se retourner et maintenant je suis seule avec ma peine et totalement éteinte.

Il n’y a pas de cœur assez grand pour contenir toute ma peine, je suis morte en dedans.

jeudi 29 octobre 2009

Je me gave de ton corps

Je me fou complètement de ce que je viens de commander qui se retrouvera dans mon assiette sous peu. En fait, je ne m’en souviens même plus et franchement, ça m’importe peu. Le vin est bon, presque aussi bon que ton sourire qui me donne envie de boire directement à la coupe de tes lèvres. Entre deux bouchées de pain rêches, j’imagine ta langue rugueuse qui convulse sous le tressaillement du contact de tes papilles sur ma peau.

Pendant que tu racontes là fois où… je ne fais que t’imaginer me murmurer à l’oreille, le souffle agité, combien tu as envie que je me gave de ton corps. Je compose alors dans ma tête, pendant que je ne t’écoute plus, la réponse aguicheuse que je te servirais en glissant doucement ma main sur ta cuisse, en me penchant juste assez pour que tu puisses avoir à ton nez l’effluve de mon parfum. Je te vois alors te mordiller la lèvre inférieure suite à mes mots, je sais que tu les aimes, je te connais bien assez pour te faire prendre ton pied.

En buvant mon café à petites lampées, je te regarde te régaler de ton Tiramisu. Personnellement je n’ai pas envie de gâteau, c’est toi que j’ai envie de bouffer à la petite cuillère. Je voudrais que tu engouffres ton dessert en un instant pour qu’enfin je puisse te dénuder furtivement.
Je convoite ton corps, chacun de ses fragments. Je veux me délecter de ton être, t’épuiser jusqu’à ce que tu m’implores de freiner mes ardeurs. Je veux assécher ma soif, l’anéantir entièrement, quitte à y passer la nuit.

Ce que j’ai commandé je m’en suis évidemment souvenue lorsque c’est arrivé sur la table. De prime à bord je m’en foutais mais au final je déplore mon choix. Avoir su que tu ne me baiserais pas, j’aurais commandé de façon plus judicieuse. Ça m’aurait au moins fait quelque chose de potable en bouche… vivement le vin rouge!

samedi 24 octobre 2009

Je te lève mon verre

Ce soir j'ai envie de boire, d'ingurgiter des litres de saloperies liquides jusqu'à ce que j'en ai mal au foie, jusqu'à ce que ma soif d'acharnement lâche prise. Je veux te haïr un peu plus après chaque shooter. Avaler assez d'alcool pour m'engourdir entièrement et t'éteindre complètement. M'éclater et suer toute l'indifférence dont tu me gaves en prenant ton pied. Je veux sourire bêtement et t'achever à travers un éclat de rire qui ne te concerne en rien.

Ce soir j'ai envie d'oublier tous tes mots assassins et encore d'avantage tes mots qui se veulent encore mielleux et que tu glisses habillement entre deux crachats de venin. Je veux oublier chacun de tes gestes, ton haleine, ta peau, ton cou et puis tout le reste. Je veux goûter une langue qui n'est pas la tienne et ainsi m'assurer que la tequila goûte la même chose peu importe la bouche qu'elle enflamme. À mon oreille, j'envie une voix qui n'est pas la tienne et un souffle qui s'expulse avec une chaleur propre à un autre.

Ce soir je vais boire, parce que quand je suis saoule, je réussie à me trouver assez dégueulasse pour me convaincre que je mérite tes coups de gueule... parce que c'est seulement dans ces moments là que je réussie à t'absoudre. Amen!

mardi 20 octobre 2009

La solution à la masturbation!

En fin de semaine, je suis allée luncher avec des copains-connaissances au restaurant. La journée était plus ou moins planifiée, pas de plan. On y va aléatoirement sur l'envie du moment qu'on s'est dit. On jase de tout et de rien, on rigole on s'envoie promener, la joie! Arrive au fil de la discussion le prochain match du Canadiens. Tout le monde s'entend pour dire qu'il serait plaisant de le visionner en ''gang''. Il nous reste simplement à trouver un bar diffusant le match capable de tous nous saouler comme des pas-de-classe.

C'est alors que s'est enclenchée une panique générale, j'étais foudroyée. La bouche béante, je me suis retrouvée entourée de petits soldats de l'air technologique moderne. Chacun leur Iphone en main, ils se sont tous mis à chercher sur le net l'endroit de prédilection. Débattant sur le prix de la bière, la grandeur des écrans, la clientèle, l'absence de ''peanuts''...tout était un prétexte pour désapprouver le choix logique de l'autre. Devant l'ampleur de la tâche, le silence fût de mise et les recherches approfondies.

Un silence absolu autour de la table, les p'tits scouts à Iphone s'attelaient à la tâche. Qui allait trouver l'endroit clé pour la game? Le tout à duré environ 25 minutes et s'est conclu par un ''Pourquoi on va pas à la même place que d'habitude? La bière est pas cher!''. C'était d'un ridicule aberrant. Selon moi, il y a quelque chose d'illogique à gaspiller le moment présent en s'isolant pour trouver un point d'entente pour un prochain moment présent lors duquel on couraillera encore sur son Iphone pour un meilleur moment présent futur.

Un morceau de poulet en bouche, j'ai fini par conclure la chose suivante:

Si les cellulaire n'existaient pas, ça nous laisserais tous plus de temps pour échanger dans le mode réel et inévitablement; on passerait tous moins de temps à se masturber!